Texte #52 : Synthèse I (l'Esprit)


1) Le Témoin omniscient et omniprésent ; un pur esprit. Il lui manque un attribut traditionnel : l'omnipotence. Dépourvu de corps, il ne saurait en effet agir dans le monde. La disjonction est radicale.


2) Un "témoin" incarne dans le mental et tributaire de ses errements. Le mouvement est asymptotique : à l'épurer, à l'affiner on pressentira le Témoin, sans pouvoir le rejoindre ou s'identifier à lui. Il y aura toujours un écart. L'accrochage des deux mondes ne se fera pas, sinon peut-être au moment ultime : un instant avant la mort quand le corps se perd (la fameuse « lumière blanche » perçue au moment du décès) un éclat de beauté.


3) L'idéal d'un temps très lent (proche de l'arrêt), couplé à une Vision synchronique. Le vœu d'une contemplation apaisée, acquise par une pratique de la méditation et une discipline des corps.


4) L'hypothèse d'une puissance esthétique présente dans l'univers, et toujours proche de l'horreur.


5) L'hypothèse d'un sujet global, auquel répondra un art global, incarne dans du collectif.


6) La transvaluation de l'image de l'artiste. En extension : des populations entières, unies par un projet créateur en intension : ascèse d'un individu quelconque jouant de la beauté comme d'un palier vers le Témoin.


7) Avec cet effet : une omnipotence fragmentée, dissolue, forcément impossible, jouant d'un simulacre, un reflet en l'homme. Poussé au sublime, celui-ci risquera alors l'orgueil d'un imaginaire débordant de chimères et de faux fuyants (la légende des dieux).