Texte #35


Troisième obstacle : l’égo

 

Son apanage est de nous identifier aux pensées, volitions, sentiments et sensations, qui nous traversent. Une identification forcée qui nous donnera l’impression d’être soi, à l’instant même, dans l’action ou la réaction.

Une identification forte, précipitant l’illusion d’un sujet monolithique.  Car, au vrai, cette entité n’existe pas vraiment elle est plutôt une chimère ou un automatisme subjectif. S’en détacher exigera un effort considérable, beaucoup de savoir faire et de patience. Au départ, le résultat sera partiel et insatisfaisant. Ce n’est qu’après un moment que les effets deviendront apparents. Une désidentification progressive, laissant derrière elle un Moi aux abois. Apparaîtra alors un autre substrat : un nouvel espace, une sorte de promontoire intérieur. Désormais, le mental sera vu, regardé, observé du dedans, par lui-même.  Un regard propice à nos sagesses, car corrélé à cette figure déjà évoquée : celle du témoin. Un regard détaché du bien et du mal, de la culpabilité, de l’orgueil ou de l’avidité. Un regard dont la passion sera sa propre paix.


Texto#35


Tercer obstáculo: el ego

Su misión es identificarnos con los pensamientos, voliciones, sentimientos y sensaciones que nos atraviesan. Una identificación forzosa que nos dará la impresión de ser nosotros, en el instante mismo, en la acción o la reacción.

Una identificación fuerte, que precipita la ilusión de un sujeto monolítico. Porque, a decir verdad, esta entidad no existe realmente pues es más bien una quimera o un automatismo subjetivo. Apartarse de ella exigirá un esfuerzo considerable, mucha habilidad y paciencia. Al principio, el resultado será parcial e insatisfactorio. Habrá que esperar para que los efectos sean visibles. Una desidentificación progresiva, que deja tras de sí un Yo asediado. Aparecerá entonces un sustrato diferente: un nuevo espacio, una especie de promontorio interior. Ahora lo mental será visto, mirado, observado desde el interior por sí mismo. Una mirada propicia para nuestras sabidurías, pues va unida a la figura que ya hemos contemplado, la del testigo. Una mirada apartada del bien y del mal, de la culpabilidad, del orgullo o de la avidez. Una mirada cuya pasión será su propia paz.


Text #35


Third obstacle: the ego

 

Its prerogative is to identify us with the thoughts, volitions, feelings, and sensations that run through us. A forced identification that will give us the impression of being ourselves at the very time of the action or reaction.

 

A strong identification, precipitating the illusion of a monolithic subject. For, in truth, this being does not really exist; rather, it is a chimera or a subjective automatism. Freeing oneself will require a considerable effort, much expertise and patience. At the start, the result will be partial and unsatisfying. It is only after a time that the effects will become apparent. A progressive decrease in identification, leaving behind it a Me at bay. Another substratum will appear: a new space, a sort of internal headland. From now on the mental aspect will be seen, regarded and observed from the inside, by itself. A look that is conducive to our wisdom because it is correlated to the figure already mentioned, that of the witness. A look detached from good and bad, culpability, pride or greed. A look for which passion will be its own peace.



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Comments: 1
  • #1

    Sonia B. (Friday, 27 December 2013 15:30)

    Pourquoi intervenir sur ce texte n°35 ? Il y a pourtant un moment que je veux écrire et entrer dans la danse réflexive du Boz. La Vérité du Labyrinthe a quelque chose de l'ordre de l'errance sur ordonnance. Il y a des textes, des dessins, des choses cachées, des mots dits, des questions posées. Par intermittence, on se demande bien où tout cela va nous conduire. Puis il y a le texte n°30 qui nous lance au visage cette même question "à quoi bon ?" Et bien c'est simple. Il faut aller de l'avant continuer, s'interroger et donc s'améliorer. On s'améliore en conscience et donc on peut choisir de travailler sur ses propres qualités. Car tel est le don de l'humanité : la possibilité de s'améliorer. Et pour cela, la meilleure question est celle de la Paix intérieure. Quelle est-elle ? Comment pouvons-nous l'approcher ? Sommes-nous déjà en chemin lorsque nous acceptons cette question ?
    Hier, il m'est arriver une chose insolite. J'ai discuter des hasards de la vie, des doutes, puis j'ai glissé la Vérité du Labyrinthe (et donc les recherches de Julien Friedler). Contre toute attente, nous avons prolongé la discussion. L'ego a ceci de curieux, c'est avant tout une construction sociale, une sorte de figure imposée. Puis un jour, cet égo se trouve mis en déséquilibre. De cette faille naissante, hurlante, naît le désir d'un nouveau positionnement, d'une remise à plat de son système de valeur. L'égo s'effrite, se cherche et ne trouve nulle part où se poser. Le bruit et la fureur se font alors plus intenses, trop même. Jusqu'au dégoût. Là il faudrait idéalement croiser la voie du Boz. Celle que Julien Friedler propose. Celle du rebond. Celle de l'acceptation pour avancer. Quête de cette propre paix....