Texte #27


En vérité, pareille figure pèche par trop de simplicité.  La réalité tient moins d’une belle figure que d’une tresse nouée tel un nœud gordien. L’esthétique, la matière et la mort s’enchevêtrent  en un tissu compact sans le moindre hiatus. Ainsi de l’ocelle ornant l’aile du papillon mais aussi simulacre d’un œil rudimentaire, censé éloigner les prédateurs.

Beauté d’un côté ; frayeur de l’autre.  Sur le Beau viendront s’étayer maintes fonctions dérivées, pas toujours alléchantes (sexuelle, de combats, de trépas).

Il suffit de penser à « nos belles » paradant dans les rues, un vison écorché sur les épaules.

A nous relire, on saisira l’importance du fait. L’art n’est pas et ne saurait être gratuit, détaché de la « boucherie » qui l’infiltre. Bien au contraire, souvent proche du pire, il impose une vision globale se jouant des opposés.  Une vision que le Témoin ne saurait oblitérer. Car, pur esprit, proche du sublime, il ne saurait l’éviter : à contempler l’univers qui se pare, il voit aussi et du même coup son envers : l’horreur, la putréfaction, la guerre de tous contre tous. Cela, jusqu’au jour fatidique où l’univers lui-même partira en fumée.

 

Le sang des étoiles.



Text #27


In truth, such a figure suffers from an excess of simplicity. Reality resembles less a fine figure than it does a knotted plait, such as a Gordian knot. Aesthetics, matter, and death are entangled in a compact fabric without the least hiatus. The same goes for the ocellus that decorates a butterfly’s wing, but is also a pretended and rudimentary eye supposed to keep away predators.

 

Beauty on the one hand, fright on the other. On the beautiful side, many derived functions will lend support, but are not always attractive (e.g. sex, combat, or demise).  It is sufficient to think of our ‘beauties’ strutting around the streets with a skinned mink draped over their shoulders.

 

In rereading, one will seize the importance of the fact. Art is not and cannot be gratuitous, detached from the ‘butcher’s shop’ that infiltrates it. Much to the contrary, often nearing the worst, it imposes a global viewpoint playing with opposites. A view that the Witness is unable to obliterate. Because, as pure spirit nearing the sublime, it cannot avoid contemplating the universe that arrays itself finely, but by the same token it also sees the reverse side, namely the horror, the putrefaction, and war that pit everyone against everyone. That is, up until the fateful day in which the universe itself goes up in smoke.

 

The blood of the stars.

 



Texto #27




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