Texte #23 : La Boucherie


Mais alors ? Que dire ou penser de l’innommable boucherie qui se poursuit chaque jour sous nos yeux ? A chaque génération humaine ou animale des milliards disparaissent. Guerre, lutte des espèces, abattoirs célestes se déroulent sans arrêt. Le Temps nous grignote, nous dessèche, et finira par nous engloutir. On a le sentiment qu’une puissance obscure, destructrice et sans pitié accompagne et oriente les forces esthétiques. La beauté serait-­‐elle jumelle de la mort ?

Le beau, un avatar de la putréfaction cosmique ? Depuis l’orée, le vivant s’est entretué et cannibalisé. Pourquoi ? Dans quel but ? Existerait‐il une esthétique de l’horreur ? Un art du carnage ? Une contemplation glacée du pire ? On frémit rien que d’y penser, et pourtant...

Et pourtant... 


Texto #23 : La carnicería


¿Entonces? ¿Qué decir o pensar de la abyecta carnicería que tiene lugar cada día ante nuestros ojos? En cada generación, desaparecen millones de humanos o animales. Se suceden sin descanso guerras, luchas entre especies, mataderos celestes. El Tiempo nos corroe, nos reseca y terminará por engullirnos. Sentimos que un poder oscuro, destructivo y despiadado acompaña y dirige a las fuerzas estéticas. ¿Estará la belleza hermanada con la muerte?

¿Es lo bello un avatar de la putrefacción cósmica? Desde los orígenes, los seres vivos se han matado y canibalizado entre ellos. ¿Por qué? ¿Con qué propósito? ¿Existirá una estética del horror? ¿Un arte de la matanza? ¿Una contemplación gélida de lo peor? Temblamos solo de pensarlo, y sin embargo...

 

Sin embargo...


Text #23: The Slaughter


But then what? What should we say or think about the unspeakable slaughter which takes place under our very eyes every day? Billions of people die, in every human or animal generation. War, the struggle of the species, celestial slaughterhouses which continue without stopping. Time eats away at us, dries us out, and will end up engulfing us. We feel as if a dark, destructive and merciless power walks by our side and guides the aesthetic forces. Is beauty death’s twin?

 

Beauty, an avatar of cosmic putrefaction? Since the dawn of time the living have killed and cannibalised each other. Why? For which purpose? Is there an aesthetic of horror? An art of carnage? An icy contemplation of the worst? The thought alone makes us shudder and yet...

 

And yet...



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Comments: 2
  • #1

    Celia Gouveiac (Friday, 01 November 2013 08:14)

    Cher julien,

    Il y a beaucoup de monde que survie sur cette terre, mais combien de monde vivent réellement?

    Je pense surtout que l’homme est hanté par un cancer généraliser que ne lui permet pas de percevoir sa propre essence, il vie malgré lui manipuler par son absence de soi. Tant qu’il n’aura pris conscience que au-delà de l’absence il y à la présence, « sortie du labyrinthe » il survivra et contribuera au malheur et à la peur que hante sa propre vie et celle de l’humanité, d’après moi.

    Artistiquement.
    Celia Gouveiac

  • #2

    Sonia (Friday, 01 November 2013 08:15)

    Un art du carnage est un art subjectif puisque le carnage l'est tout autant. Faut-il encore croire que nous pouvons poser quelque chose ? L'art comme une aspiration devient une danse, une transe... Quelque chose qui va "vers"... Mais vers quoi ? Une aspiration ascendante vers un ailleurs que seuls les hauteurs des dieux (sans pour autant qu'ils y soient présents) peuvent éclairer ? Le Sublime éclaire-t-il un autre ailleurs ? Ou bien est-il simplement diffusion ?